Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non ! C’est Orvillecopter ! (mi-chat, mi-hélicoptère)

Quelque part dans les Pays-Bas, un grand enfant du nom de Bart Jansen a perdu son chat. Enfin, perdu… Pas tellement. Disons qu’il a retrouvé Félix, Mistigri, Sylvestre, Pattenron, Orville aplati sur le bord de la route, ou plus exactement sur le bord de la « weg », comme on dit dans ce pays-là.

« Maman ! Orville est mort… Je peux le transformer en hélicoptère ? » demanda le petit Bart. « Natuurlijk, mijn chick » (1) répondit sa maman. « Et quand Mamie sera morte, on pourra l’empailler et en faire une voiture téléguidée ? Ce serait génial, vu qu’elle a déjà les roues ! » demanda à nouveau le petit Bart. « WTF ?? »(2) s’exclama Mevrouw Jansen (3).

(1) Bien sûr, mon poussin : en néerlandais, la plus belle langue du monde, comme chacun le sait. (2) Sigle international signifiant habituellement « World Taekwondo Federation », mais ici exprimant la sidération de la mère. (3) Madame Jansen, tout seul je n’aurai pas trouvé.

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C’est à peu près ainsi qu’est né le projet « Orvillecopter », excepté que Bart n’a pas demandé la permission de sa mère et qu’il préfère confier le maniement de l’appareil à un illustre inconnu, plus à l’aise dans le maniement du quadrirotor. Après tout, surmonter son deuil de l’animal tant aimé en l’enterrant et en organisant une courte cérémonie d’adieu est devenu trop mainstream, autant sortir le grand jeu et le transformer en engin volant.

Orville, de par son incapacité à absorber l’énergie cinétique d’un véhicule se mouvant à 50 km/h (supposons que l’incident ait eu lieu en ville), meurt sur le coup (du moins, je l’espère). Son maître retrouve l’animal gisant et le ramène chez lui. Suite au choc émotionnel causé par cette perte et attristé de ne plus jamais pouvoir jouer avec son compagnon à quatre pattes (aux échecs, par exemple : mon chat m’y fout régulièrement la pâtée), Bart décide d’abord de l’empailler.

Le cadavre du félin subit les différentes étapes de la naturalisation (un doux mot pour dire qu’on va l’empailler et qu’il va finir par prendre la poussière dans un coin, à côté d’une tête de cerf). On commence par le dépouillement (on décolle la peau du reste, en grattant bien afin qu’il ne reste ni chair, ni graisse ; j’autorise les plus sensibles à s’en aller vomir). On continue par le tannage, afin de rendre la peau de l’animal imputrescible. La peau est donc trempée dans différents bains chimiques, afin qu’elle conserve souplesse, douceur et propriétés non-irritantes (un peu comme un adoucissant Le Chat… LOL). Ensuite vient le modelage d’un mannequin, sur lequel la peau sera délicatement enfilée, afin de donner à la peau de bête une posture naturelle. Et c’est là où ça merde un peu… Aucune posture dans le règne animal n’est similaire à celle du quadrirotor ; Orville va finira donc comme une descente de lit volante. Pour ceux qui sont partis vomir, l’image suivante va résumer. Ah oui, j’allais oublier l’essentiel : Bart Jansen est un artiste.

Avant les premiers essais Wilbur (l’autre chat de Bart) est convié à retrouver son frère. Les chats se reconnaissant principalement avec les odeurs, il devient rapidement évident que ce les retrouvailles ne se déroulent pas comme l’avait souhaité leur maître. Le lecteur cultivé (ou bien l’amateur des Epic Rap Battle of History), aura noté que les deux chats portent les mêmes noms que les aviateurs Wright. Peut-être qu’une fois Wilbur réduit à l’état d’engin volant, les deux chats pourront à nouveau jouer ensemble ?

S’ensuivent les premiers essais de vols. A ses débuts (premier vol : 9 mars 2012), Orville ne décolle pas plus haut que quelques centimètres. Manque de puissance des rotors ? Manque d’assurance du pilote ? Pas de problème, Bart ne se démonte pas et, un peu à la manière du pingouin de Learn To Fly « upgradera » son chat comme il se doit. Et ce, dans le but d’offrir la postérité éternelle à sa charmante bestiole.

Suite à diverses modifications et à un entraînement rigoureux du pilote, viennent alors de nouveaux essais. Le 21 mai 2012, durant une journée de printemps un peu voilée, Orville s’envole pour de bon !

Devant une génération entière de chats ébahis par les exploits du dénommé Nyan-Cat, Orville exauce à lui tout seul les espoirs de la félinité. Celle-ci, s’accaparant toujours plus de gloire depuis l’apparition des lolcat (can i has my cheeseburger, etc)  et la diffusion exponentielle de vidéos de chats sur YouTube CatVideo, tient à montrer à l’Homme que ce sont les chats qui domineront le monde, et que l’être humain et les oiseaux (saleté de piafs) n’ont plus le monopole du ciel. La consécration d’Orville tombe le 24 mai 2012, où il fera l’objet d’un court reportage à la TV sur PowNews.

Encore quelques progrès et le prochain à s’envoler sera mi-pop-tart mi-chat et disposera de la capacité de chier des arcs-en-ciel à volonté !Ainsi donc s’envola haut dans les cieux Orville, premier chat à défier la gravité. Nous n’avons aucun doute que ce n’est qu’une question d’années (voire de mois) avant que son frère Wilbur ne le rejoigne. Affamé de célébrité, le chat gratifia de sa présence le festival d’arts modernes des Pays-Bas, le Kunst-Rai.

Une chose est certaine, Orvillecopter fait rêver. Au-delà de la puissance mystique d’un Nyan Cat ou de la barrière éthique (à ne pas franchir) propre au mythe de Frankenstein, Orvillecopter nous interroge sur la condition féline et nous confirme que le chat (Felis sylvestris catus), ce petit mammifère carnivore de la famille des félidés, aura son rôle à jouer dans la conquête de l’espace.

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La seule chose dont le professeur Wernher von Braun était certain, c’est qu’il avait vu une nouvelle race de chats voler et terroriser des vaches. Ce jour-là, il prit un cliché (suffisamment flou pour rester crédible) et affirma à ses semblables, durant un repas ufologique (on y servit des Bordeaux si fins que l’amateur-éclairé les qualifierait de nectar des Dieux) que la Terre avait été encore visitée !

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4 commentaires pour Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non ! C’est Orvillecopter ! (mi-chat, mi-hélicoptère)

  1. Dominus Carnufex dit :

    Het Nederlands is echt een mooie taal, nietwaar ?
    Mouarf, mouarf ! C’est encore plus laid à l’oral qu’à l’écrit … ^^
    Article divertissant, sinon.

  2. LSS dit :

    WAT DA FEUK ?!

  3. Cloud dit :

    Da WiseKitteh approves !

  4. NEMROD34 dit :

    En véritude je vous le dis!
    Si les chats morts se mettent à voler, alors là on est foutus!

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